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Pourquoi The One est le plus beau film du monde ?

Assistant Cinemha

Synthèse et questions sur l’article

Je le fais aujourd’hui pour une très bonne raison : vous expliquer pourquoi The One, le film dans lequel Jet Li affronte… Parmi toutes ces images, toutes ces histoires, tous ces grands films et tous ces petits films, je me souviens particulièrement de celui-là : The One.

  • C’était Shooter avec Mark Wahlberg, un film qu’on avait regardé en boucle à la télé.
  • The One est le meilleur film de tous les temps.
  • Elle avait découvert une chose que les classements des meilleurs films de tous les temps ne peuvent pas mesurer : la valeur d’un film ne se trouve pas toujours dans le film lui-même.
  • Parce qu’il y a des films que l’on regarde, et puis il y a ceux qui nous regardent vieillir.
  • The One appartient à une époque où ma mère était encore là pour discuter avec moi après le générique.

Questions restantes ce matin : 5 / 5. Réinitialisation à 12 h.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu envie de commencer une phrase comme ça. À la manière d’Henry Hill. Commencer par remonter le temps, fouiller dans les souvenirs, retrouver une époque où les choses étaient encore simples. Une époque où un film pouvait être simplement un film. Ou devenir beaucoup plus que ça.

Je le fais aujourd’hui pour une très bonne raison : vous expliquer pourquoi The One, le film dans lequel Jet Li affronte… Jet Li, est le meilleur film de tous les temps. Oui.

Le meilleur. Il ne s’agit pas d’esthétique, ni de prouesse technique, encore moins de dialogues affûtés.

Alors pourquoi ?

Pour comprendre, il faut retourner dans la boîte à souvenirs. Il y a une petite fille. Elle grandit avec trois passions, toutes trois transmises par sa mère, qui était encore là à cette époque : le football, la lecture et, surtout, le cinéma. Les films sont restés. La mère est partie.

Mais avant ça, il y a eu les après-midi devant la télévision. Les films qu’on regardait sans forcément comprendre pourquoi ils nous fascinaient. Les scènes devant lesquelles on détournait le regard comme quand un couple venait de s’embrasser sur le petit écran.

Il y a eu ce jour où des enfants plus âgés l’avaient forcée à regarder Chucky et sa fiancée décapiter un homme… Elle avait vomi.

Il y a aussi eu Star Wars. La saga qui allait réveiller la geek qui sommeillait en elle et provoquer des combats au sabre laser imaginaires avec le petit voisin d’en face. Les chamailleries avec sa petite sœur pour savoir qui allait contrôler la télécommande. Que la force soit avec elle ! Et surtout, il y avait cette guerre permanente contre Barbie et les aventures de cette peste de Clochette qu’elle n’avait absolument aucune envie de revoir pour la énième fois.

Et puis, un jour, il y a eu The One. Elle l’a regardé avec sa maman. Le reste de la famille était là, quelque part autour de la télévision. Et, déjà, elle avait compris quelque chose. Ce film était un peu nul. Elle ne connaissait pas encore le mot « nanar », mais elle en avait déjà l’intuition.

Et pourtant… Qu’est-ce qu’il était magnifique. Elle avait découvert une chose que les classements des meilleurs films de tous les temps ne peuvent pas mesurer : la valeur d’un film ne se trouve pas toujours dans le film lui-même. Elle se trouve parfois dans ce qu’il laisse derrière lui. Dans les discussions qu’il provoque. Dans les personnes avec qui on le regarde. Dans les souvenirs auxquels il s’accroche, les miens, ceux d’une petite fille qui ne savait pas encore qu’elle deviendrait celle qui écrit ces lignes.

La valeur d’un film ne se trouve pas toujours dans le film lui-même. Elle se trouve parfois dans ce qu’il laisse derrière lui.

The One, c’était les discussions avec ma mère. C’était cette phrase prononcée par un personnage sur l’île-prison, phrase qui suffisait à faire de lui un cannibale aux yeux de ma Supra Mom et un simple gros bagarreur aux miens. Et puis, il y avait ce plan aérien. Tout le monde se battait, dans un chaos total. Et moi, j’étais fascinée.

En Haïti, le cinéma, c’est sacré. La télévision aussi. Les salles l’étaient également, avant qu’elles ne disparaissent. Il y a eu cette fois où on s’est rendu dans l’une d’entre elles pour regarder ce qu’il y avait à l’affiche. C’était Shooter avec Mark Wahlberg, un film qu’on avait regardé en boucle à la télé. On a fini par regarder La Nativité… avec un Oscar Isaac encore inconnu. Il y avait moi, ma mère et ma petite sœur. On avait mangé du popcorn fondant dans du beurre avec un léger goût sucré qui m’est resté sur la langue.

Bref…

On ne regardait pas simplement les films. On les vivait. On encourageait les « acteurs ». On haïssait les « bandits ». On détestait Rose parce qu’elle laissait Jack mourir de froid. On pleurait avec Sarah, la petite princesse. On imitait les coups de pied de Van Damme. On reproduisait les chorégraphies improbables d’un Jackie Chan ivre. Les films entraient dans nos maisons et devenaient des souvenirs de famille. Loin de nous ces idées de succès au box-office ou de critiques mitigées.

Parmi toutes ces images, toutes ces histoires, tous ces grands films et tous ces petits films, je me souviens particulièrement de celui-là : The One. Un peu plus tard, je saurais reconnaître le grand Delroy Lindo, un Jason Statham encore à ses débuts ou encore Carla Gugino, future maman espionne. The One appartient à une époque où ma mère était encore là pour discuter avec moi après le générique.

The One appartient à une époque où ma mère était encore là pour discuter avec moi après le générique.

Aujourd’hui, je pourrais le revoir et reconnaître chacun de ses défauts. Je pourrais rire de ses effets spéciaux. Lever les yeux au ciel devant certaines scènes. Me demander comment j’ai pu trouver ça aussi génial. Mais je ne pourrais jamais le regarder comme un simple nanar. Parce qu’il y a des films que l’on regarde, et puis il y a ceux qui nous regardent vieillir. The One fait partie de ceux-là.

Voilà pourquoi, n’en déplaise aux classements des médias spécialisés, aux critiques et à tous ceux qui pensent que Citizen Kane, Le Parrain ou encore Casablanca méritent davantage cette place… The One est le meilleur film de tous les temps.

Enfin…

Aux yeux d’une petite fille.

Alors, de la chair fraîche ?

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